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JUAN ATKINS, PREMIER INSTIGATEUR DE LA SCÈNE DE DETROIT / Juan Atkins, first instigator of the Detroit scene

English version below

 

Presque deux décennies séparent Mind & Body de Digital Solutions, le nouvel album de Juan Atkins, qui sort ce mois-ci sur son label Metroplex. Ce nouvel album est signé sous son pseudonyme Model 500 avec Mad Mike (UR) à la production. Remontons encore un peu plus en arrière pour découvrir ce qui le dirigea vers les musiques électroniques.

Juan Atkins baigne dans la musique depuis son plus jeune âge et a toujours été attiré par des expérimentateurs comme Miles Davis, Jimi Hendrix ou George Clinton. Enfant, il apprend la guitare puis découvre les synthétiseurs et leurs sons venus d’ailleurs. D’autres facteurs vont ensuite le mener naturellement vers la Techno.

L’influence des robots

Durant son adolescence, Juan Atkins prend conscience que la musique entre dans une nouvelle ère avec des producteurs comme Giorgio Moroder. Ce n’est pourtant qu’à la fin des années 1970 qu’il met un nom sur ce qui est, pour lui, l’élément déclencheur de cette ère « électronique ».

Influencé par le travail de Moroder et de sa muse, Donna Summer, Atkins découvre, en 1979, un groupe allemand dénommé Kraftwerk avec le track The Robots. Pour lui, c’est une révélation…

« (…) Et quand j’ai entendu Kraftwerk, je me suis dit, man, c’est encore plus fort (que Moroder). C’était plus pointu, plus clair que tout, et notamment que tout ce que j’avais fait pour mes démos, que j’ai eu envie de jeter à la poubelle. »

Cybotron, la collision entre deux planètes solitaires

En partie poussé par le son du quatuor allemand, Juan Atkins s’isole pour travailler sur sa nouvelle direction musicale et enregistrer des démos. Il devient ainsi le premier des trois pionniers de la Techno de Detroit.

Il rencontre en 1981 Rick Davis, un ancien soldat ayant fait la guerre du Vietnam, qui l’invite à faire des sessions chez lui. Davis, plus vieux d’une dizaine d’années, a déjà sorti sous le nom de 3070, un album intitulé Methane Sea, très inspiré par un autre groupe allemand, Tangerine Dream. Davis aussi est un musicien solitaire mais leurs goûts similaires pour la science-fiction fait que le courant passe entre les deux hommes. Ensemble, ils fondent le groupe Cybotron.

Durant quatre ans, le duo produit une Synthpop à cheval entre Kraftwerk et la New Wave. Il signe quelques titres dont Clear (le plus représentatif de leur univers) et Techno City (qui donne un nom à ce nouveau son spatial venu de Détroit). Enfin, ils enregistrent l’album Enter avant de se séparer pour cause de divergences esthétiques.

Le labo Metroplex

En 1985, Juan Atkins fonde Metroplex, le premier label Techno. Il est rapidement suivi par Derrick May (Transmat) puis Kevin Saunderson (KMS). Le nom du label, tout comme pour Cybotron, est un concept né des longues discussions sur la science-fiction avec Rick Davis.

Toujours fidèle à ses influences littéraires et musicales, Atkins y expérimente en tant que Model 500, Model 600 et Channel One une facette plus Electro du son de Motor City. Il produit des classiques comme No UFO’s (Model 500) et Technicolor (Channel One).

Au début, Metroplex lui sert avant tout pour sortir des tracks sous ses nombreux pseudonymes. D’autres activistes comme Eddie « Flashin’ » Fowlkes, « le quatrième pionnier de Détroit » y signe aussi le titre Goodbye Kiss en 1987.

Pionnier de la House de Chicago ?

Selon Juan Atkins, lui-même et Derrick May ont contribué à l’émergence de la scène House de Chicago. Son track No UFO’s marche bien dans les clubs de Windy City au moment où seul Jesse Saunders sort des tracks. Il devient une source d’inspiration pour les futurs producteurs de House.

De son côté, ne souhaitant pas la céder à Jeff Mills qui fait partie d’un crew concurrent, Derrick May vend sa boîte à rythme Roland TR 909 à Frankie Knuckles. Tous les producteurs (ou presque) utilisent alors la machine de May récupérant et retravaillant ainsi les rythmes du précédent pour produire quelques classiques comme Love can’t turn around ou Move your body.

Haalleycks

 


 

English version

 

Almost two decades separate Mind and Body and Digital Solutions, the Juan Atkins’ new LP, released this month on Metroplex. This album is signed under his pseudonym Model 500 along with Mad Mike (UR) as producer. We go back a bit more to discover what conducted him towards the electronic music.

Juan Atking was surrounded by music since his tender age and was always attracted to experimenter like Miles Davis, Jimi Hendrix or George Clinton. When he was a child, he learned guitar then he discovered synthetizers and their sounds from elsewhere. After,then other factors will conduct him towards Techno.

The robots influence

During his teenage, Juan Atkins realized that the music entered a new era with producers such as Giorgio Moroder. In late 70’s, he put a name on which was for him, the factor of this « electronic » era.

Influenced by the Moroder and Donna Summer’s work, Atkins discovered, in 1979, Kraftwerk, a German group, with The Robots. For him, it was a revelation…

« (…) And when I heard Kraftwerk, I said to myself, man, it even stronger (than Moroder). It was more specialized, clearer than everything, and especially than all I did for my demos, that I wanted to throw them away. »

Cybotron, the collision between two lonesome planets

Partly driven by the German quartet, Juan Atkins isolated himself to work on his new musical direction and to record demos. So he became the first of the three pioneers of the Detroit Techno.

In 1981, he met Rick Davis, a Vietnam veteran, who invited him to do sessions in his home. Davis, older of one decade, already released under the name 3070, an album entitled Methane Sea, inspired by an other German group, Tangerine Dream. Davis was also a lonesome musician but he got on well with Atkins and his similar taste about science-fiction. Together, they founded Cybotron.

For four years, the duet produced a kind of Synthpop between Kraftwerk and New Wave. They signed some track including Clear (the most representative of their sound) and Techno City (which gave the name to this new spatial sound from Detroit). Finally, they recorded Enter before splitting up because of aesthetic differences.

The Metroplex lab

In 1985, Juan Atkins founded Metroplex the first Techno label. He was quickly followed by Derrick May (Transmat) then Kevin Saunderson (KMS). As Cybotron, the label name was a concept born from the long discussions about science-fiction with Rick Davis.

Always faithful to his literary and musical influences, Atkins experimented as Model 500, Model 600 and Channel One a more Electro facet of the Motor City sound. He released classics such as No UFO’s (Model 500) and Technicolor (Channel One).

In the beginning, he used Metroplex to release his own tracks under many pseudonyms. Others activists like Eddie « Flashin’ » Fowlkes, « the fourth pioneer of Detroit » also released Goodbye Kiss in 1987.

Pioneer of Chicago House ?

According to Juan Atkins, himself and Derrick May contributed to the emergence of the Chicago House scene. His own track No UFO’s had success in the Windy City’s clubs at a time when Jesse Saunders was the only one to release tracks. He became an inspiration for the next House producers.

By his side, Derrick May didn’t want to give his beatbox Roland TR 909 to Jeff Mills, who was with a rival crew. He sold it to Frankie Knuckles. All of the producers (or almost) also used the May’s machine. Thus they recovered and reworked thus rhythm of the latter to produce some classics like Love can’t turn around or Move your body.

Haalleycks

Translation : Haalleycks & Cyril Gotthef