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PUBLIC ENEMY, UNE DES INFLUENCES MAJEURES D’UNDERGROUND RESISTANCE / Public Enemy, one of the UR major influences

English version below

Underground Resistance a investi la salle parisienne l’Electric le 12 décembre dernier pour la soirée Release the Groove. Une bonne occasion pour s’intéresser à ce célèbre label originaire de Detroit au travers l’une de ses principales sources d’inspiration : le groupe de Rap Public Enemy

Public Enemy est un groupe de Rap new-yorkais dont l’engagement se veut l’héritier des droits civiques. Son influence dépasse le cadre du Hip-Hop et se répercute jusque dans la scène Techno de Detroit.

Spectrum City, première mouture de Public Enemy

À la fin des années 1970, Spectrum City, créé par Hank « Shoclee » Boxley, est l’un des sound-systems les plus réputés de Long Island. Boxley recherche un MC et s’adjoint les services de Carlton « Chuck D » Ridenhour. L’équipe s’agrandit ensuite avec l’arrivée d’Harold McGregor (qui se fait appeler Harry Allen), Bill Stephney et Richard « Professor Griff » Griffin qui se charge, au début, de la sécurité lors des soirées de Spectrum City.

Le groupe enregistre un premier maxi pour le label Vanguard avec, sur la face A, Lies et sur la face B, Check Out the Radio. Malheureusement, ce premier essai est infructueux et le groupe se sépare temporairement. Durant cette parenthèse, Bill Stephney intègre le label Def Jam.

Il convainc alors Chuck D de rencontrer Rick Rubin, un des cofondateurs du label. Un contrat pour un album est signé et Chuck D rassemble toute l’équipe de Spectrum City. Il y intégre un deuxième MC, William « Flavor Five » Drayton, le DJ Norman Rogers aka Terminator X et ils se rebaptisent Public Enemy.

Dès son premier album, Public Enemy se présente comme un groupe de militants radicaux noirs. Ils décident d’investir la culture populaire en se servant des médias sous toutes ses formes (radio, presse, disques) pour transmettre son message. De plus, rien qu’en regardant le logo du groupe représentant un homme noir dans une ligne de mire, l’on comprend que le but de Public Enemy est d’attirer l’attention.

L’impact sur Underground Resistance

Leur message ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. En effet, «Mad » Mike Banks, tout comme Chuck D et sa bande, s’insurge contre la discrimination des médias Blancs envers la communauté Afro-Américaine, obligeant cette dernière à calquer leurs médias selon leurs propres normes.

Il rencontre Jeff Mills quand celui-ci opère sur les radios WDRQ et WJLB sous le nom de The Wizard. Ils partagent la même vision de la société, le même intérêt pour Public Enemy et leur combat auquel ils s’identifient. Mills se met à jouer de plus en plus de tracks du groupe de Rap sur WJLB qui se trouve être la plus grande radio Black de Detroit. Ce choix étant peu apprécié par la radio, son émission est écourtée et il finit par démissionner.

Inspirés par l’esprit militant Black Power de Public Enemy, les deux hommes créent le label Underground Resistance pour préserver la Techno de l’industrie musicale blanche et pour produire une autre musique engagée en faveur de la communauté Afro-Américaine.

Au-delà de l’influence

Toute fois, même si Underground Resistance puise une grande partie de son inspiration dans le discours de Public Enemy, le label a su également s’en démarquer pour créer sa propre identité et mener son propre combat sur d’autres fronts.

UR concentre son engagement en priorité sur Detroit et soutient la communauté Afro-Américaine de la ville à travers des projets sociaux. Ils rassemblent également les différents labels Techno sous le même étendard : le distributeur Submerge.

Contrairement à Public Enemy qui se retrouve fréquemment sous le feu des projecteurs pour de bonnes ou mauvaises raisons, Underground Resistance choisit l’anonymat le plus total en refusant tout rapport avec les majors et les médias.

Haalleycks


English version

Underground Resistance moved to the the parisian club l’Electric the last December 12th for the Release the Groove party. A good opportunity to take more interest to this famous label from Detroit through one of his great inspiration : the Rap crew Public Enemy.

Public Enemy is a New-Yorker Rap crew whose commitment tends to be the heir of the civic rights. His influence moves beyond Hip-Hop and has repercussions up to the Detroit Techno scene.

Spectrum City, Public Enemy’s first formation

Late 1970’s, Spectrum City, created by Hank « Shoclee » Boxley, is one of the most famous sound-systems in Long Island. Boxley looked for an MC and retained the services of Carlton « Chuck D » Ridenhour. Then the crew grew again with the arrival of Harold McGregor (who calls himself Harry Allen), Bill Stephney and Richard « Professor Griff » Griffin who was in charge of the security during the Spectrum City’s parties.

The crew recorded a first EP for Vanguard with, on the Side A, Lies and on the side B, Check Out the Radio. Unfortunately, this first test was unsuccessful and the crew splits up temporarily. During this parenthesis, Bill Stephney integrated Def Jam.

Then he convinced Chuck D to meet Rick Rubin, one of the cofounder of the label. A contract is signed for an album and Chuck D gathered the whole Spectrum City team. He integrated a second MC, William « Flavor Five » Drayton Norman Rogers aka Terminator X as a DJ and renamed the team Public Enemy.

From his first album, Public Enemy identified himself as a black radical activist group. They decided to invest the popular culture using medias in all its forms (radio, press, records) to deliver its message. Moreover, just by watching the band’s logo with a black man in a line of fire, we understood the Public Enemy’s purpose was to draw attention.

The impact on Underground Resistance

Their message didn’t fall on deaf ears. Indeed, « Mad » Mike Banks, as Chuck D and his crew, was against the white media’s discrimination towards the African-American community, forcing it to copy these medias according to their own rules.

He met Jeff Mills while he was working on the radios WDRQ and WJLB under the name The Wizard. They shared the same vision about the society, the same interest for Public Enemy and their engagement in which they can identify. Mills started playing more and more tracks of the Rap crew on WJLB which is also the Detroit’s most important Black radio. This choice is not appreciated by the radio, his show is shortened and finally, he left the radio.

Inspired by the Public Enemy’s Black Power activism spirit, both men created the label Underground Resistance to protect Techno from the white musical industry and to product an another activist music supporting the African-American community.

Beyond the influence

However, even if UR takes a lot of his inspiration in the Public Enemy’s ideas, the label also distinguished itself by creating its own identity and leading its own battles on other fronts.

As a priority UR focuses its engagement in supporting the Detroit Afro-American community through social projects. They also gather differents Techno labels under the same flag: Submerge.

Unlike Public Enemy, which is frequently in the public eye for good or bad reasons, Underground Resistance chooses total anonymity, refusing every relations with majors and medias.

Haalleycks

translation : Haalleycks, Cyril Gotthef