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LES DEEJAYS JAMAÏCAINS, À L’ORIGINE DU RAP / Jamaican deejays, an origin of the Rap

English version belows

Après avoir vu l’exposition Jamaica Jamaica au Philharmonique de Paris, je me suis rendu compte que je n’avais pas parlé d’un troisième élément, offert par cette petite île perdue au milieu des Caraïbes, fondateur de la Dance Culture et plus particulièrement du Hip-Hop, les deejays.

Les deejays (équivalent du MC et à ne pas confondre avec DJ) ont pour fonction d’animer les soirées sound-systems en Jamaïque dès la fin des années 1940 afin de combler les blancs entre deux disques car les selecters (DJs) ne jouent qu’avec un tourne-disque. Leur rôle évolue au fil des années jusqu’à enregistrer en studio et sortir des disques à la fin des années 1960.

Count Machuki l’ambianceur

Le premier deejay à se faire un nom est Count Machuki. Il anime les soirées du sound-system de Tom Wong, Tom the Great Sebastian. Il se donne véritablement en spectacle, en faisant particulièrement attention à sa diction, son intonation et son rythme.

Son talent et son aisance au micro l’amènent à devenir le premier deejay à enregistrer sa voix sur des disques appelés dubplates, introuvables car uniquement réservés à l’attention des sound-systems et avec une durée de vie très limitée.

Il n’existe donc aucune trace de ses performances mais il inspire toute une génération de deejays, à commencer par King Stitt, qui opère pour le sound-system de Coxsone Dodd, le Coxsone’s Downbeat, et U Roy, deejay du King Tubby’s Hometown HiFi. Tous deux enregistrent leurs premiers disques en 1969/1970.

Un plus grand espace de création

L’apparition du Dub en 1967 permet à une poignée d’ingénieurs du son et de producteur de recréer des morceau avec leurs tables de mixage en réagençant les pistes et en ajoutant des effets.

Ces nouvelles versions permettent aux deejays de poser des toasts plus longs et plus travaillés au cours des soirées sound-systems. Cependant, la chose est moins évidentes en studio car les toasts sont de bases improvisés et l’énergie des sound-systems n’est pas la même que dans les studios.

Après les premiers enregistrements de King Stitt et U Roy, d’autres deejays vont suivre leur exemple. C’est le cas de Big Youth qui enregistre dès 1971, d’I Roy et de Dennis Alcapone qui figureront parmi les meilleurs deejays de l’île.

Influence sur le Hip-Hop

En 1973, Kool DJ Herc décide d’organiser des soirées calquées sur le modèle des sound-systems de son île natale. Tout comme les sound-men de Kingston, il est rapidement accompagné par un MC, nommé Coke La Rock, qui improvise sur les disques que passe Herc.

Pendant plusieurs années, les groupes se forment autour du DJ et se composent de graffeurs, breakdancers et MCs. Les choses changent à partir de 1979 avec la sortie de Rapper’s Delight de Sugarhill Gang.

En effet, ce titre, en plus d’offrir une visibilité mondiale au Hip-Hop, met les MCs en avant reléguant le DJ au second plan. Les majors s’y intéressent de plus en plus et le Rap finit par adopter les normes pop pour être plus aisément diffusé en radio.

Haalleycks

 


English version

After the Jamaica Jamaica exposition at the Philharmonique de Paris, I realised I didn’t speak about the deejays a third founding element of the Dance Culture, and especially of the Hip-Hop, offered by the Caribean Island.

Deejays (equivalent of the MC not to be confused with DJ) animated the sound-sytems parties in Jamaica from the late 40’s to fill the silence between two records because the selecters played with just one turntable. For years, their role evolved until to record in studio and released LPs in the late 60’s.

Count Machuki the talker

The first famous deejay was Count Machuki. He operated on the Tom Wong’s sound-system, Tom the Great Sebastian. He made a spectacle of oneself pay attention of his diction, his intonation and his rhythm.

With his talent and his fluency with the mic led him to record his voice on dubplates, a kind of unfindable record with a limited life reserved for the sound-system.

 

Therefor there is no trace of his performances but he inspired a generation of deejays like King Stitt who operated on the Coxsone’s Downbeat, and U Roy, the King Tubby’s Hometown HiFi deejay. Both began to record in 1969/1970.

More creative space

The advent of the Dub allowed to few sound ingeneers and producers to rework records with their mixers rearranging tracks and adding effects.

With this news versions, deejays made more long and worked toasts during the sound-system parties. However it’s more difficult in studio because the toasts are improvised and the feeling in the sound-system and the studio was not the same.

After the firsts King Stitt and U Roy’s records, others deejays followed their example. This is the case of Big Youth who began to record in 1971, I Roy and Dennis Alcapone who were among the best deejays of the country.

Influence on the Hip-Hop

In 1973, Kool DJ Herc organised parties inspired by the sound-systems of his native island with a selection focused on Soul and Funk records. Like the sound-men he was accompanied by a MC named Cock La Rock who improvised on the records played by Herc.

For several years, crews formed around the DJ andcomposed by graffers, brekdancers and MCs. The things changed from 1979 with the Sugarhill Gang’s Rappers Delight.

In addition to offer a global visibility to the Hip-Hop this track highlighted MCs relegating the DJ inthe background. Majors are more intersted and Rap adopted pop standards to be easily diffused on radio.

Haalleycks

Translation : Haalleycks

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