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LES DISCOTHÈQUES, DE LA CLANDESTINITÉ AUX SOIRÉES VIP / Discothèques, from clandestinité to VIP parties

English version belows

Les discothèques apparaissent dans un élan de résistance puis s’institutionnalisent jusqu’à devenir de hauts-lieux du divertissement permettant de danser, écouter de la musique ou faire de nouvelles rencontres.

À la charnière entre les années 1930 et 1940, le 3e Reich a envahi une grosse partie de l’Europe. Des mouvements de résistances se forment mais tous ne sont pas armés. Certains d’entre eux sont menés par des jeunes qui répondent à cette oppression par la musique et la danse.

Des mouvements de contestation

En 1939, un mouvement nommé Swing Jugend est lancé à Hambourg en réponse à la création des Jeunesses Hitlériennes. Ce mouvement se répand rapidement à travers tout le pays et se compose de jeunes originaires des classes moyennes et hautes. Leur contestation se retrouve dans leurs looks vestimentaires et capillaires ainsi que dans leurs goûts musicaux, ils écoutent du Jazz et du Swing, des musiques interdites par les nazis.

Effectuant un jeu du chat et de la souris avec la Chambre Musicale du Reich et les couvre-feux des autorités, ils se réunissent dans des bars ou des salles pour danser, à l’aide d’un gramophone et d’un DJ, sur les meilleurs disques de Swing du moment comme Sing Sing Sing de Benny Goodman.

En parallèle, à Paris, un mouvement de jeunes appelés les Zazous (en référence au titre de Cab Calloway Zaz Zuh Zaz) mène une lutte pacifique et musicale similaire à celle des jeunes allemands.

D’autres regroupements se forment en Europe comme les Schlurfs à Vienne et les Potàpki à Prague. Tous sont sévèrement réprimés par les nazis qui les envoient dans des camps de travail vers 1942/43.

La première discothèque

Durant cette période, tandis que les nazis investissent les institutions de la nuit parisienne (Moulin Rouge, Maxim’s), un bar clandestin réunissant résistants, Zazous et intellectuels s’ouvre dans une cave de la rue de la Huchette et se baptise « La Discothèque ».

Les clients s’y réunissent pour oublier le temps d’une soirée l’oppression des occupants autour de disques de Jazz et de Swing américains qu’ils peuvent commander en même temps qu’un verre.

Ce bar inspire les nombreux bals clandestins qui s’organisent dans les caves de la capitale à l’aide de tourne-disques lorsque les Allemands envoient l’essentiel de leurs troupes sur le front vers la fin du conflit.

Lorsque la guerre se termine, ces bals improvisés ne s’arrêtent pas pour autant et deviennent même un nouveau modèle de fête européenne ainsi que des lieux permettant de découvrir des nouveautés qui ne passent pas à la radio.

L’émergence des discothèques

Paul Pacine ouvre la première discothèque officielle à Paris, Le Whisky-À-Gogo, vers 1947/48. Au cours des années 1950, d’autres ouvrent leurs portes comme Le Castel, Le New Jimmy’s, Le Privé et Chez Régine qui voient se mélanger un public populaire avec une jet set française et américaine.

Ce nouveau concept de fête se développent grandement à New-York. Premièrement avec un français, Olivier Coquelin, qui lance Le Club en 1960. De nombreuses discothèques s’ouvrent par la suite dans la ville et accueillent toutes en majorité la classe populaire et la jet set.

Que ce soit en France où à New-York, ces lieux deviennent des laboratoires pour certains DJs qui y font découvrir de nouvelles musiques ou expérimentent de nouvelles manières de jouer. Lucien Leibovitz, DJ du Whisky-À-Gogo à Cannes et Terry Noel au Arthur’s à New-York sont les premiers à expérimenter l’enchaînement continu de disque qui sera ensuite améliorer par Francis Grasso.

Malgré l’institutionnalisation des discothèques, certaines d’entre-elles continuent de faire vivre une aura de résistance qui se retrouve dans les années 1960 comme au Sanctuary à New-York qui devient un lieu symbolique de l’émancipation de la communauté gay.

Haalleycks

 


English version

Discotheques appeared in a surge of resistance and become later top places to dance, listen music and meet people.

Between 30’s and 40’s, 3rd Reich invaded an important part of Europe. Many unarmed movements of resistance appeared and some of them, answered to this oppression with music and dance.

Protest movements

In 1939 Swing Jugend movement is created in Hambourg in opposition of the Hitler Youth and spreaded quickly in the country. It composed of young people from middle and upper classes who protested with their wearing and capillary style as well as Jazz and Swing forbidden by the third Reich.

In a game of cat and mouse with the chamber of music and authorities curfews, they met them in bars and music hall to dance on the best records like Benny Goodman’s Sing Sing Sing played by a DJ with a gramophone.

In parallel, in Paris, a similar movement named Zazous (in reference of the Cab Calloway’s Zaz Zuh Zaz) protest peacefully and musically like the young German.

Others movement formed in Europe like Schlurfs in Vienna and Potàpki in Prague. All of them were severely repressed by nazis who sent them in labour camps around 1942/43.

The first discotheque

During this period, when nazis went to the Moulin Rouge or Maxim’s, a clandestine bar named « La Discothèque » opened in rue de la Huchette and received resistance fighters, Zazous and intellectuals.

In this place, customers could forget during a night the oppression ordering a Jazz or Swing record with a drink.

This bar inspired many clandestin dancehalls organised in Paris towards the end of the war when German soldiers went on another fronts.

After the end of the war, these clandestin balls continued and became a new parties model in Europe which allowed to discover new records didn’t play in radios.

Emergence of the discotheques

Paul Pacine opened the first official discotheque in Paris, Le Whisky-À-Gogo around 1947/48. During the 50’s, other places opened like Le Castel, Le New Jimmy’s, Le Privé and Chez Régine where working class met French and American jet set.

This new concept developed in New-York ; firstly with the French Olivier Coquelin who opened Le Club in 1960. Many other places opened after and received working class and jet set.

In France and New-York  discotheques became a kind of laboratory for some DJs who played new music or experimented new way to play. Lucien Leibovitz at Le Whisky-À-Gogo in Cannes and Terry Noel at the Arthur’s in New-York were the first to experiment the continuous sequence of records, a technique improved by Francis Grasso some years after.

Despite an institutionalization, some discotheques kept an aura of resistance in the 60’s especially in gay clubs like the Sanctuary which symbolized the emancipation of this community.

Haalleycks

Translation : Haalleycks

 

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