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PIERRE HENRY, UN INVENTEUR DE LA MUSIQUE CONCRÈTE / Pierre Henry, a concrete music inventor

English version belows

Encore une année qui fait mal, Pierre Henry, le dernier des pionniers de la musique concrète, nous a quitté le 5 juillet dernier laissant derrière lui une empreinte indélébile sur les musiques électroniques. Un hommage s’impose.

Pierre Henry commence sa formation musicale au Conservatoire de Paris en 1937. Il y apprend les percussions, le piano et l’écriture musicale auprès de Nadia Boulanger et Olivier Messiaen.

Une rencontre déterminante

Henry rencontre Pierre Schaeffer en 1946 mais ce n’est que trois ans plus tard qu’ils commencent à travailler ensemble au Club d’Essai de la Radiodiffusion Télévision Française (RTF). Ils composent et reproduisent sur scène leur première œuvre La Symphonie d’un homme seul en 1950. Celle-ci devient officiellement la première œuvre de musique concrète.

Par la suite, les deux musiciens expérimentent différents magnétophones dont le Phonogène de Jacques Poullin qui, en plus d’enregistrer, permet de jouer les sons capturés à différentes vitesses. Contrairement à Schaeffer, Pierre Henry voit dans l’utilisation de ces machines une façon de créer un nouvel art musical.

Pierre Schaeffer crée le Groupe de Recherche de Musique Concrète (GRMC) en 1951. Plusieurs musiciens portés sur la recherche et l’expérience viendront enregistrer des œuvres comme Edgar Varèse, Olivier Messiaen, Pierre Boulez ainsi que Karlheinz Stockhausen.

Vers de nouvelles collaborations

Suite à un désaccord, Pierre Henry quitte le GRMC en 1958 pour créer son propre studio, APSOME, en 1960. À partir de ce moment-là, il commence à collaborer avec des artistes venant d’autres domaines comme la danse ou la peinture.

Parmi ces collaborations, il travaille de manière régulière avec le chorégraphe Maurice Béjart, depuis la mise en scène de La Symphonie d’un homme seul en 1966, et avec le compositeur plus axé Pop Rock Michel Colombier.

C’est avec ces deux derniers qu’il crée La Messe du temps présent en 1967 plus spécialement connu pour le titre Psyché Rock qui a marqué nombre de producteurs électronique et qui l’ont samplé et remixé à de très nombreuses reprises. Avec ce titre fait  Pierre Henry s’est vu coller l’étiquette de « père » de la Techno, chose qu’il a toujours réfuté.

Du tourne-disque au numérique

À ses débuts avec Schaeffer, Pierre Henry expérimente une technique de composition qui préfigure le sampling. Il travaille avec des tourne-disques et des disques 78 tours à sillons fermés sur lesquels il enregistre des sons et des boucles qui tournent chacun à des vitesses différentes et qu’il superpose.

Il adapte par la suite cette méthode avec les premiers magnétophones à partir du début des années 1950 puis avec les logiciels dans les années 2000. Chacun de ces supports lui a permit de donner une plus grande précision à sa vision de la musique.

Haalleycks

 


English version

A bad year again, Pierre Henry, the last concrete music pioneer, died on 3 July leaving behind him an indelible mark. A tribute is necessary.

Pierre Henry his musical education at the Paris Conservatoire in 1937. He learned percussions, piano and the musical writing with Nadia Boulanger and Olivier Messiaen.

A decisive meeting

Henry met Pierre Schaeffer in 1946 and joined him at the RTF Club d’Essai three years later. They composed and played in live their first musical work La Symphonie d’un homme seul in 1950. Officially, this one was the first concrete music work.

After, both musicians experimented different tape recorders like the Jacques Poullin’s Phonogène which, in addition to record, played the sounds at different speed. Contrary to Schaeffer, Pierre Henry saw in the use of these machines a new way to create a musical art.

Pierre Schaeffer created the GRMC in 1951. Many musicians who searched and experimented came to record works like Edgar Varèse, Olivier Messiaen, Pierre Boulez and Karlheinz Stockhausen.

New collaborations

After a disgreement, Pierre Henry left the GRMC in 1958 to create APSOME, his own studio, in 1960. From that moment, he began to collaborate with artists who came from different artistic fields like dance or painting.

Among this collaborations, he worked regularly with the choregrapher Maurice Béjart, since the staging of La Symphonie d’un homme seul in 1966, and the Pop Rock composer Michel Colombier.

With these last two men he created La Messe du temps présent in 1967 especially known for Psyché Rock which marked many electronic music producers who sampled and remixed it a several time. Pierre Henry was considered as a Techno « father » with this track but he always refuted it.

From the turntable to the digital

When he worked with Schaeffer, Pierre Henry experimented a compositional technique which prefigured sampling. He worked with turntables and 78 rpm records with closed grooves on which he recorded and superimposed sounds and loops which turned at different speeds.

After he adapted this method to the firsts tape recorders in the early 50’s and softwares in the first decade of the 21st century. Each of these supports allowed him to give a greater precision to his music vision.

Haalleycks

Translation : Haalleycks

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